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Painting on Death, combattre la guerre … avec l’art

Akram Abo Alfoz est un artiste spécialisé dans la décoration du verre, qui habite Douma, une petite ville à environ 10 km de distance de Damas. Après le début de la guerre civile qui ensanglante son pays, la Syrie, depuis 2011, il a dû interrompre son activité. En 2012 les forces du gouvernement syrien se sont affrontées avec l’Armée Syrienne Libre justement dans les rues de Douma. Pendant les combats la maison d’Alfoz a été brûlée par les troupes gouvernementales et lui, tout comme bon nombres de ses concitoyens, il a été obligé de fuir dans une autre partie de la ville avec sa famille. L’année suivante l’ASL a repris possession de la zone de Douma et, pour se venger, le camp pro-Assad a de nouveau attaqué la ville, en capturant des milliers de civils. Pendant ces six longues années de guerre, Douma a fais l’objet de plusieurs bombardements perpétrés par les forces du Gouvernement légitime, qui ont obligé Alfoz et sa famille à fuir et à se cacher plusieurs fois. En 2013, certains activistes ont accusé le régime de Bashar Al-Assad d’utiliser des armes chimiques à l’encontre de la population civile. Les pertes de vies humaines depuis le début de la guerre civile ont été 321.358, dont 96.073 civils, 17.411 enfants et 10.847 femmes. En 2016 au moins 652 enfants ont été tués, 20% de plus par rapport à l’année précédente, et 30% des blessés au bout de six ans de conflit est constitué d’enfants.

Au milieu de cette désolation il ne manque pas quelques étincelles d’espoir : une d’entre elles est justement l’art d’Akram Abo Alfoz. Après la fermeture forcée de son atelier de décoration sur verre, il a décidé de combattre la terreur constante de la mort à travers son art, en donnant vie au projet Painting on Death, littéralement peindre sur la mort.

« Dans ma ville il y a des raids aériens quasiment tous les jours, et un blocus qui a fait exploser les prix des biens alimentaires. Depuis quasiment deux ans nous n’avons plus de médicaments et nous n’avons accès à aucun moyen de communication. Nous vivons sans eau ni électricité. Comme beaucoup d’autres personnes, je suis obligé de travailler à la lumière d’une bougie parce qu’il n’y a pas de carburant ni d’autres sources d’énergies. Pourtant, même si la vie est très dure ici, je ressent un fort désir, le besoin même de continuer à peindre et à dessiner. La différence est que, avant la guerre, je peignais sur le verre, tandis que maintenant je peins sur la mort, parce que j’utilise des objets qui sont les restes de la guerre. »

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Photo tirée de la page Facebook officielle de Painting on Death

« La plupart des pièces que j’utilise comme support de ma peinture, ce sont des résidus des missiles lancés lors des raïds aériens du gouvernement. J’utilise également des pièces défectueuses des usines de munitions appartenant à l’Armée Syrienne Libre. Normalement elles sont jetées, et moi, je les récoltes et je les exploite pour mon art. Je les décore en utilisant un style pictural typique de Damas, qui était en train de disparaître mais qu’avec mes œuvres je suis en train de relancer. »

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Photo tirée de la page Facebook officielle de Painting on Death

Akram Abo Alfoz a décidé de lancer ce projet pour laisser au monde un témoignage de ce qui est en train de se passer en Syrie et pour donner un message d’espoir à tous ses compatriotes. Ses œuvres ont trouvé écho dans beaucoup de médias internationaux et ont été exposées dans plusieurs galeries. Malgré ce succès, malheureusement, le 31 mars dernier Akram Abo Alfoz a annoncé via un billet sur sa page Facebook, sa fenêtre sur le monde, que le projet Painting on Death devrait s’arrêter à cause de la situation très difficile à Gh??a. Depuis, on n’a plus eu de ses nouvelles.

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